Gangs de rue
Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), un gang de rue est un regroupement plus ou moins structuré d’adolescents ou de jeunes adultes qui privilégient la force de l’intimidation du groupe et la violence pour accomplir des actes criminels dans le but d’obtenir pouvoir et reconnaissance et/ou de contrôler des sphères d’activités lucratives.
L’adhésion à un groupe fait partie intégrante du processus de développement des adolescents. La commission de délits mineurs (vols à l’étalage, graffitis) peut aussi faire partie de cette étape de leur vie. Toutefois, lorsque la violence et la criminalité prennent le dessus sur la vie de groupe, on s’approche, selon divers degrés, vers le profil d’un gang de rue.
Le SPVM définit trois types de gangs
Bande de jeunes
- Regroupement peu structuré d’adolescents qui commettent des infractions mineures.
Gang émergent
- Regroupement d’individus, généralement des adolescents, qui ont comme modèles les gangs majeurs;
- Leurs activités sont moins structurées et plus improvisées : le gang émergent se centre sur l’acquisition et la défense d’un territoire;
- Ses membres pratiquent le taxage, profèrent des menaces et commettent des agressions armées aux abords de certains lieux publics. Ils sont des recrues de premier choix pour les gangs de rue majeurs.
Gang majeur
- Regroupement d’adultes ou d’adolescents qui commettent des crimes de plus haut niveau comportant une violence ciblée.
Besoins comblés chez le membre de gang de rue
Habituellement, les jeunes garçons sollicitent les gangs pour en devenir membres alors que les filles sont le plus souvent recrutées. L’adhésion à un gang de rue est attrayante pour certains jeunes plus vulnérables parce qu’il répond à leurs besoins. Le gang semble offrir aux jeunes les éléments de satisfaction suivants :
- Un lieu d’appartenance;
- Une famille;
- La protection physique;
- Un soutien social;
- La solidarité;
- Une occasion de développer l’estime de soi;
- Une occasion d’obtenir de la valorisation;
- Une occasion d’obtenir de l’argent;
- Une occasion d’avoir du pouvoir;
- Une occasion d’avoir un statut.
Source : SPVM
Les gangs de rue à Montréal en chiffres
Selon le SPVM, le phénomène des gangs de rue a pris naissance, à Montréal, à la fin des années 80.
- En 2008, le SPVM a dénombré huit homicides reliés à des gangs de rue, comparativement à 14 pour l’année 2007, ce qui représente une baisse de 43 %;
- Les tentatives d’homicide attribuables aux gangs de rue ont chuté de 22 %, puisqu’elles sont passées de 54, en 2007, à 42, en 2008;
- Dans les six premiers mois de 2009, le SPVM a été en mesure de maintenir des résultats similaires à ceux de 2008.
En matière de criminalité, on dénombre :- Trois homicides reliés aux gangs de rue, soit deux de moins qu’à la même période en 2008;
- 20 tentatives de meurtre reliées aux gangs de rue, soit trois de plus qu’à la même période en 2008;
- L'île de Montréal compte environ une vingtaine de gangs majeurs réunissant entre 400 et 500 membres, une proportion relativement stable au fil des ans;
- Ils s'adonnent principalement au trafic de drogue, au proxénétisme, au taxage, à l'extorsion et à la fraude;
- Il existe une trentaine de gangs émergents, qui peuvent durer un an avant de se dissoudre et de faire place à un autre groupe.
Sources : SPVM, Bilan annuel 2008; SPVM, Actualité gang de rue, juillet 2009; Un meurtre sur trois est l’œuvre des gangs de rue, Le devoir; Les gangs de rue se partagent Montréal, Le Journal de Montréal
Les gangs de rue au Canada
On a dénombré au Canada plus de 300 gangs de rue comptant quelque 11 000 membres et associés actifs partout au pays. La majorité d’entre eux continuent de pratiquer des formes de criminalité relativement peu complexes. Ils regroupent principalement des adultes mâles âgés de 20 à 30 ans, mais peuvent compter des membres de moins de 18 ans. Les activités des gangs de rue relèvent principalement du commerce du sexe et de la distribution de drogues illicites : selon le SCRS, ils s’adonnent principalement à la revente de crack, de cocaïne, de marihuana et de drogues synthétiques que leur fournissent souvent les motards criminalisés et les organisations de souche italienne ou asiatique. Les gangs de rue sont également impliqués dans le vol qualifié, l’invasion de domicile et, dans une moindre mesure, la fraude.
Source : Service canadien de renseignements criminels. Rapport annuel sur le crime organisé au Canada 2006
Les gangs de rue du Canada en chiffres
- En 2007, la police a déclaré 117 homicides attribuables à des gangs, soit environ un homicide sur cinq. On a dénombré, cette année-là, 16 homicides de plus qui étaient attribuables à des gangs par rapport à 2006;
- En 2007, 69 % des homicides attribuables à des gangs ont été commis à l’aide d’une arme à feu, comparativement à environ 20 % des homicides non attribuables à des gangs. Au total, 43 % des homicides commis avec une arme à feu l’an dernier étaient attribuables à des gangs;
- La plupart des homicides attribuables à des gangs ont été commis dans les plus grandes villes du Canada.
Source : Statistique Canada
Outils et ressources
Pour plus d’information sur les gangs de rue
- Institut de recherche social pour le développement des jeunes, Rapport de recherche, jeunesse et gang de rue
- Service de police de la Ville de Montréal
- Service correctionnel Canada, Les gangs de rue : examen des théories et des interventions, et leçons à tirer pour le SCC
- Site internet du gouvernement du Canada, Gangs et activités de lutte antigangs (Contient 40 liens vers divers articles touchant les gangs)
Jeunesse et gangs de rue
HAMEL, Sylvie, COUSINEAU, Marie-Marthe, VÉZINA, Martine, avec la collaboration de Sophie Léveillée. Guide d’action intersectorielle pour une prévention élargie du phénomène des gangs, Institut de recherche pour le développement social des jeunes et Centre international de criminologie comparée, pour le Centre national pour la prévention du crime, 2006
Le silence de Cendrillon
FLEURY, Évelyne et FREDETTE, Chantal, Prostitution juvénile par les gangs : guide d’animation et d’accompagnement de la bande dessinées « Le silence de Cendrillon », Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire, 2002.
Le prince serpent
Pièce de théâtre interactive d’une durée de 50 minutes, créée par le Théâtre Parminou visant à sensibiliser les préadolescents, garçons et filles, du premier cycle du secondaire au phénomène de l’exploitation sexuelle en contexte de gangs.
Briser le silence
Projet de prévention de l’organisme communautaire Dans La Rue visant à sensibiliser les intervenants des milieux scolaire et communautaire afin de les outiller face à l’exploitation sexuelle par les gangs.
Cadre de référence sur le phénomène des gangs
Cadre de référence développé par la Table de concertation jeunesse de Montréal-Nord dans le cadre du projet Jeunesse et gang de rue, indiquant les pistes ainsi que les lignes directrices que cette communauté a choisi de se donner pour faire face au phénomène des gangs.
Tél-Jeunes
Intervention de soutien concernant les gangs
1-800-263-2266 / www.teljeunes.com
Connais-tu ma gang ?
Questionnaire développé par le Service de police de la Ville de Montréal et dédié aux parents inquiets quant à la participation de leur enfant à des activités de gangs.











