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Montréal, le 13 novembre 2003

Pour assurer la sécurité des Québécois : À quand un financement adéquat des Services correctionnels du Québec ?

» Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate

Au moment où le gouvernement libéral en est à préparer son premier budget, l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ) se permet d’intervenir afin de lui rappeler les enjeux inhérents au sous-financement des Services correctionnels du Québec (SCQ).

Bien que nous comprenions que des besoins criants se font sentir dans les domaines de la santé et de l’éducation, il ne faudrait pas sous-estimer l’importance des services correctionnels : ils sont souvent la dernière chance de « rescaper » ceux qui n’ont pu l’être par les deux précédents…

Le sous-financement des SCQ préoccupe l’ASRSQ au plus haut point. Il a d’ailleurs été dénoncé à deux reprises dans deux Avis au Conseil du Trésor, l’un en janvier 2000, l’autre en décembre 2002. L’ASRSQ y exprimait ses inquiétudes envers les nombreuses coupures faites par le gouvernement de l’époque. Ces coupures ont entraîné la dégradation du système correctionnel québécois et son incapacité à assurer pleinement la sécurité du public et la réhabilitation sociale des contrevenants.

La situation actuelle des SCQ est déplorable. Dans nos deux Avis, nous soulignions entre autres le fait que les SCQ étaient dans l’impossibilité d’assurer une évaluation rigoureuse et approfondie des contrevenants qui leur étaient confiés : ils en sont toujours incapables. Qui plus est, ils sont dans l’incapacité de se doter d’un système de gestion des informations sur les antécédents des contrevenants, faute de fonds! Si l’on continue à négliger les SCQ, le sort des contrevenants, tout comme celui de la société, sera gravement menacé : le contexte actuel ne permet pas aux SCQ de mener correctement leur mandat.

Toutes ces lacunes ont pourtant été dénoncées dans l’enquête faisant suite au meurtre du petit Alexandre Livernoche. Outre l’identification des lacunes des SCQ, cette enquête présentait des solutions pour y remédier. C’est pourquoi l’Assemblée nationale a adopté la Loi sur le système correctionnel en juin 2002. Toutefois, l’entrée en vigueur de cette loi est constamment retardée, faute de fonds. Nous craignons qu’à force de reporter l’application de cette loi, un drame semblable ne se reproduise alors qu’il aurait pu être évité. Les SCQ ont atteint leur point de rupture et si l’application de la loi est encore repoussée, c’est la sécurité des Québécois et des Québécoises qui est compromise.

En cette période de restriction financière, il est primordial de développer davantage la mesure de réhabilitation sociale, car celle-ci permet, à terme, de réaliser des économies appréciables. De nombreuses recherches ont démontré que celle-ci pouvait contribuer à la prévention de la récidive. Ce qui n’est pas une mince économie, car la criminalité est très onéreuse, que ce soit en frais de police, d’administration de la justice, etc.

Nous invitons le gouvernement libéral à honorer la promesse qu’il a faite lors de la campagne électorale, soit de redonner confiance aux citoyens dans le système correctionnel. Si les SCQ ont des lacunes, il y a aussi des solutions. À cet égard, nous demandons au gouvernement de nous rencontrer afin que nous puissions envisager ensemble des mesures répondant aux besoins de la population. Vous pouvez être assuré de notre entière collaboration.

L’ASRSQ a pour mission d’encourager et de supporter la participation des citoyens dans l’administration de la justice pénale, la prévention de la criminalité et la réhabilitation sociale des contrevenants adultes. Elle représente 44 organismes à but non lucratif, de toutes les régions du Québec, qui accueillent annuellement plus de 20 000 contrevenants. Ces organismes sont tous administrés par des citoyens bénévoles qui expriment aujourd’hui leur crainte quant à l’avenir de la Sécurité du public et la qualité de l’appareil correctionnel québécois.

Vous remerciant à l’avance de l’intérêt que vous porterez à cette lettre, nous vous exprimons, Monsieur le premier ministre, Madame la présidente du Conseil du trésor, nos salutations les plus distinguées.

La directrice générale de l’ASRSQ,
Johanne Vallée

Et les membres de l’ASRSQ,

• Agence sociale spécialisée de l’Outaouais (ASSO)
• Association Canadienne pour la santé mentale
• Atelier-meubles de la société St-Vincent de Paul de Montréal
• Auberge Sous Mon Toit inc.
• Centre d’action bénévole de Sept-Îles
• Centre d’action bénévole du Lac
• Centre de ressources pour délinquants inc. (OPEX)
• Centre femmes aux 3 A de Québec inc.
• Continuité famille auprès des détenues (CFAD)
• Corporation Maison Charlemagne
• CRC Arc-en-Soi
• CRC Carpe Diem inc.
• CRC Curé-Labelle inc.
• CRC Joliette-Lanaudière
• CRC La Maison (Joins-toi)
• CRC Roberval
• Expansion-Femmes de Québec
• Groupe Amorce
• Groupe de défense des droits des détenus de Québec (GDDDQ)
• L’Abri d’espoir
• L’Armée du Salut - Centre Booth
• Maison l’Intervalle
       • Centre d’aide et de traitement des troubles de comportements sociaux (CATTCS)
• Centre d’entraide sociale du bas de la falaise (CESBF)
• Centre d’intervention en violence et abus sexuels de l’Estrie (CIVAS)
• Centre de bénévolat Laval
• Maison Painchaud
• Maison Radisson inc.
• Maisons de transition de Montréal
• Programme d’encadrement clinique & d’hébergement (PECH)
• Programme intervention & recherche psycauses inc. (Diogène)
• PTC Longueuil
• Regroupement des organismes communautaires de référence du Québec (ROCRQ)
• Réhabilitation de Beauce inc.
• Service d’Action Communautaire de l’Outaouais inc. (SACO)
• Service d’aide Bruno Dandenault
• Service Relance inc.
• Transition Centre-Sud
• Via Travail inc.
• YMCA de Montréal

-30-

Renseignements :

Johanne Vallée
ASRSQ
514.521.3733

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